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Comment combattre le syndrome de la page blanche

Saviez-vous que c’est difficile, écrire ?

Même quand on aime ça. Même quand il s’est passé quelque chose d’intéressant et que je suis motivée à le raconter. Écrire, c’est difficile.

Et ça ne devient jamais vraiment plus facile.

En revanche, lorsque je suis affairée à une tâche, n’importe laquelle, là, les mots apparaissent par eux-mêmes. Ils forment des phrases fluides et harmonieuses, qui se dessinent sous mes paupières.

Pour moi, l’inspiration, la créativité, c’est la partie facile.

Mais lorsque vient le moment de coucher les mots sur une page encore vierge, je ressens soudainement l’impulsion de trouver la recette parfaite de soupe ramen végétarienne.
Ou celle de développer ma recette de levain. Ou celle de surfer sur Centris pour voir à quoi ressemble le marché immobilier à Montréal, même si je ne serai jamais proprio.

Finalement, les heures passent, et je n’accomplis strictement rien de ce pour quoi je m’étais installée devant l’ordinateur : je procrastine.

Il n’y a rien de plus frustrant que d’avoir une tête pleine de mots et de ne pas réussir à les écrire.

Pourtant, j’avais pris l’habitude de publier des textes sur une base régulière. J’en ai pondu des bons, d’autres moins. Au moins, ceux-ci avaient le mérite d’apparaître fréquemment sur le blog.

J’ai commencé à me trouver minable. Ma tête me convainquait que je venais de gâcher mon momentum. Une routine qui me suivait depuis le tout début du voyage, disparue.

Que s’était-il passé ? Je peux écrire quand je le veux. Pourtant, dans les derniers mois, l’inspiration s’est essoufflée d’un seul coup. Le vent est tombé. Avait-il emporté avec lui ma plume ?

Puis, en réfléchissant, ça m’a semblé évident : novembre.

Ça correspond exactement au moment où l’on a quitté le climat chaud de l’Orient. Ça correspond aussi au moment où l’envie d’écrire s’est volatilisée.

J’ai appris à mes dépens que, peu importe où l’on passe novembre de ce côté-ci du globe, c’est un salaud monumental qui sape tes bonnes intentions. Que je le veuille ou non, mes racines m’incitent à hiberner dès que la présence d’une nouvelle année commence à se faire sentir.

Très bien. Et maintenant ?

J’ai décidé de repartir la machine et d’y mettre les bouchées doubles. Parfois, je l’avoue, cela signifie que je dois me l’imposer.

Oui, je dois me forcer. Un peu comme on se force à bouger chaque jour, à manger plus de fibres ou à se coucher tôt pour être en pleine forme le lendemain.

J’ai débuté ce texte en vous disant qu’il était difficile d’écrire.

Ce n’est pas toujours vrai.

Il existe de très rares moments où les mots jaillissent sous nos doigts et où le clavier semble possédé. Écrire est alors tout aussi naturel que respirer.

Mais plus souvent qu’autrement, il faut feindre cet élan. Car si on ne fait qu’attendre d’être frappé par cette divine intervention pour se mettre à écrire, on attend toute une vie.

Écrire rime avec hésitation et frustration, un éternel retour à la case départ à chaque nouveau texte. Écrire, au-delà de la formule verbe-sujet-complément, au-delà du mot parfait, c’est savoir trouver l’émotion juste. Le ton, le rythme, la chute.

Quand on prend la peine d’écrire lorsqu’on n’en a pas vraiment envie, le réflexe se bâtit. Ça commence par chercher, réfléchir, puis se lancer.

Écrire, effacer, écrire, effacer, soupirer, recommencer. Écrire, effacer, écrire, modifier, ajuster.

Et finalement, sans prévenir, l’étincelle renaît.

À force de chercher, on finit par trouver.

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